Ecologie : pourquoi est-ce si lent?

Pourquoi il y a-t-il tant d’inertie dans la mise en place de politiques efficaces en matière d’écologie? Cet article explore deux facteurs importants: croire qu’il existe des solutions simples (voir simplistes) face à ce problème complexe et avoir une confiance illimitée dans les traités internationaux.

Facteurs d’inertie en écologie.

Il existe de nombreux facteurs qui interviennent dans l’incroyable lenteur avec laquelle se prennent les décisions en matière d’écologie, notamment les décisions politiques où les motifs d’attentisme et d’immobilisme ne manquent pas. A titre d’exemples évoquons deux sources d’inertie en ce domaine.

1. Les croyances faciles et commodes.

Face aux catastrophes environnementales présentes et à venir il faut éviter trois facilités.

a. Faire appel à des généralités vides de sens qui n’obligent à aucun changement concret, comme « faire de l’humain une priorité » ou « développer le capital humain ». Ces généralités sont parfaitement compatibles avec le statut quo vis-à-vis des exigences environnementales et apparaissent, dans bien des cas, comme un soutien à l’inaction.

b. Faire croire qu’il existe des solutions scientifiques avérées qui vont permettre de mieux comprendre et traiter les catastrophes environnementales et qu’il suffit de les connaître et de s’y référer. Cela fait plus de cinquante ans que de telles croyances échouent, de près ou de loin, à conjurer les catastrophes.

c. Rechercher des rapports simples de cause à effet pour analyser la dégradation des environnements naturels et sociaux et faire croire qu’il suffit d’en modifier certains aspects pour trouver ou retrouver de nouveaux équilibres.

2. La confiance dans les traités internationaux.

Ce qui prédomine, dans la plupart des esprits, est la force du syllogisme des traités mondiaux juridiquement contraignants : il s’énonce comme suit.

Il n’existe pas de police planétaire, et personne n’a envie d’imposer des sanctions à ceux qui ne respectent pas leurs engagements en termes d’émission de dioxyde de carbone ou de préservation de la biodiversité.

– Par conséquent chaque nation, puissance ou empire, a le pouvoir de se contraindre à respecter les engagements pris.

– Comme chaque nation est d’accord pour respecter ces engagements, il n’y a aucune utilité à signer un accord contraignant.

Ce syllogisme traduit la désinvolture avec laquelle de nombreux délégués, mandatés dans de nombreuses conférences, colloques et « sommets de la terre » estiment et pensent leurs contributions, au point d’avouer parfois, à demi-mot, qu’il ne s’agit somme toute que de papiers qui ne vous envoient pas en prison.

Ce qui facilite l’inertie en écologie est la formulation de généralités non contraignantes… qu’elles s’expriment dans un cadre civil ou juridique.

Pour conclure :
Ne pas rester dans l’incantation généraliste et floue, ne pas se reposer sur la seule force des traités internationaux. Aussi si l’on souhaite avancer, il faut œuvrer de manière simple et concrète et agir sans attendre de cadre législatif.

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