Le détournement de l’attention en écologie.

1. L’accumulation des leurres.

De nombreux écologistes adoptent des positions radicales et tiennent des propos alarmistes face à la dégradation du climat et de l’environnement. Ils sont parfois critiqués pour leurs comportements outranciers et leurs injonctions paradoxales. Cependant, malgré la pertinence de certaines de ces critiques, il faut admettre le bien fondé d’exigences radicales en matière d’écologie. En effet depuis plus de quarante ans les défenseurs de l’environnement n’ont cessé d’attendre les choix et les décisions de commissions multiples, d’instances nationales et internationales, de conférences sur le climat, de programmes de réduction de la pollution, etc. Les écologistes n’ont cessé d’attendre et d’espérer des décisions politiques claires, des choix dépourvus d’ambiguïté, des engagements irréversibles et ils se sont retrouvés suspendus à la mauvaise volonté d’institutions incompétentes ou corrompues qui ont passé leur temps à fabriquer de faux espoirs et à réaliser des manœuvres dilatoires aussi inventives que désespérantes. Dans son livre « Perdre la Terre » Nataniel Rich raconte l’épopée de James Hansen et de Rafe Pomerance qui, pendant près de quarante ans, ont multiplié les démarches et les interventions auprès de toutes les instances de pouvoir aux Etats Unis et ailleurs. En dépit de toutes les promesses ils se sont heurtés à une accumulation de leurres qui les ont empêchés de réussir .De nombreux scientifiques participaient au scepticisme ambiant quant à la possibilité de changer les choses :« l’idée que les êtres humains, que ce soit au niveau des organismes internationaux, des instances démocratiques, du monde industriel, des partis politiques, ou comme individus, sont incapables de sacrifier leur confort présent pour éviter d’imposer une punition aux générations futures. » Nataniel Rich.

2. Le détournement de l’attention.

Si, à notre époque, les manœuvres dilatoires ont quelque peu changé de nature, elles occupent toujours une place prépondérante pour les défenseurs de l’écologie. Il s’agit, notamment, de toute la confiance accordée au progrès scientifique et, à travers lui, au génie humain. Chaque fois qu’une société s’extasie sur le développement de l’Intelligence Artificielle ou sur la conquête de la planète Mars, elle se détourne des enjeux fondamentaux auxquels doit faire face l’humanité dans les prochaines années. « Il n’est question que de savoir si les êtres réels et incarnés- que nous connaissons, que nous croisons, que nous aimons- vivront un enfer ou traverseront l’expérience d’une existence au sens propre. Il n’est donc question que d’éviter un peu la mort, parce qu’après tout, c’est la définition même de la vie. » Aurélien Barrau. « Le plus grand défi de l’humanité. » Hormis le culte du génie humain qui prend de multiples formes pour éviter d’affronter les périls de mieux en mieux décrits par les défenseurs de l’écologie, il est d’autres manières pour retarder la confrontation avec le désastre. Parmi elles la création de nouvelles instances représentatives représente un gain de temps non négligeable. On sollicite ainsi des individus, des citoyens que l’on avait jamais sollicités, on recueille leurs avis, leurs propositions afin de les traduire dans les faits, une fois qu’aura été défini un cadre législatif adéquat…Dès lors le temps passe et rien d’essentiel ne se passe…

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

*

code

Retour haut de page