Le monde d’après sera-t-il vraiment écologique?

Les crises ont cet avantage: nous obliger à faire des choix qui, souvent dans l’urgence, révèlent le fond de nos motivations. Celle du Covid n’échappe à cette règle et nous avons pu constater que la priorisation à maintenir l’activité économique a mis en second plan les préoccupations environnementales.

L’éloignement de l’écologie.

La crise du Covid 19 montre à l’évidence l’abandon progressif des exigences en matière d’écologie. Les dirigeants de la plupart des pays n’ont plus qu’une seule idée : limiter les effets de la pandémie sur l’activité économique. Ils sont prêts à sacrifier l’essentiel de leurs bonnes résolutions à propos des dérèglements climatiques et environnementaux pour faire valoir la limitation des effets du Covid sur la productivité de leurs états et de leurs nations.

1. L’apologie du moteur.

Ce qui prévaut pendant les périodes de confinement ou de couvre-feu, décidés par les différents gouvernements, est de faire tourner les machines avec le meilleur rendement possible. Les voitures et les camions doivent rouler, les grues soulever, les outils être vendus, etc.

Les moteurs de la production et de la consommation ne doivent pas cesser et, pour cela il faut maintenir ouverts, les usines, les chantiers et les grands espaces de vente dédiés à tous les produits qui permettent de s’activer. Dans le même temps les espaces qui permettent aux êtres humains de se reposer, se distraire, se cultiver…sont fermés. Les activités où les femmes et les hommes réfléchissent, débattent, critiquent, proposent, sont cantonnées à l’univers numérique, les liens deviennent virtuels et gênent peu les partisans aveuglés d’un productivisme salutaire, seul moyen d’échapper à “une crise économique sans précédent”. En fait ce qui est visé à travers la fermetures des théâtres, cinémas, salles de concert. musés et autres lieux de culture, c’est la possibilité de ralentir les échanges, d’interroger le monde environnant, d’observer les promesses non tenues. Ce qui est visé c’est la possibilité d’interroger notre condition humaine grâce à des rencontres physiques, des découvertes esthétiques, des méditations spirituelles, des débats d’idées, où les êtres éprouvent une présence qui donne corps à leur réflexion. Il s’agit, avant tout, d’éviter la création de lieux de vie où l’on puisse questionner un mode de production fondé sur une accélération continue, qu’elle soit dictée par la peur ou le mythe du progrès social.

2. La sélection des interactions.

Comme l’avaient prévu des observateurs sagaces, le monde de l’après Covid va être pire que le monde d’avant car le spectre du désastre économique, qu’il s’agit avant tout d’éviter, va permettre aux défenseurs zélés du statu quo de n’affronter aucun des défis écologiques qui se dressent, désormais, devant l’humanité. Aidés par une armée de scientifiques qui ne sont, pour la plupart d’entre eux, que des notables attachés à des instances officielles, les gouvernants ont tout loisir de faire croire qu’ils vont, à la fois, nous sortir d’une crise sanitaire et en atténuer les effets économique. Or en refusant toute interrogation de fond sur la manière dont nous produisons, ils maintiennent l’opacité sur les interactions qui régissent la façon dont nous vivons, notamment en matière se santé physique et morale. Le Covid a pour les gouvernants une vertu singulière, il légitime le soutien aux interactions urgentes, il fait croire que pour nous en sortir, nous devons nous presser et non nous atermoyer sur des considérations au mieux philosophiques, au pire irresponsables. Pendant ce temps, doucement mais sûrement, la construction d’une politique écologique s’éloigne.

Pour conclure :
Le monde d’après peut être pire que le monde d’avant. Il faut en tout cas veiller à ce que les préoccupations écologiques soient bien présentes dans le détail des actions à venir et non simplement dans les déclarations d’intentions.

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