Comment inventer efficacement en écologie?

L’avènement d’une intelligence écologique se fera plus par la capacité à inventer des solutions que par la prise de conscience des enjeux et périls de la dégradation de notre environnement.

L’invention en Ecologie.

1. La transformation d’un paysage culturel.

Si l’intelligence écologique se manifeste dans le corps social ce ne sera pas grâce à une prise de conscience soudaine des enjeux et des périls liés à la dégradation de l’environnement et au dérèglement climatique. Il n’y aura pas d’intégration simultanée des constats objectifs, produits par la science, et des souffrances vécues par les êtres humains. Si la pensée écologique parvient à conquérir les esprits c’est qu’elle aura su inventer au sens large du terme. Elle aura, selon l’expression de Judith Schlanger, modifié “l’étoffe culturelle qui colore et informe toute l’aspiration au savoir, en la conjuguant à d’autres valeurs, à d’autres dimensions de la pensée”. Pour le dire autrement l’invention en écologie doit nécessairement relier la science à la culture pour générer des formes de savoir impures qui n’ont ni la rigueur d’un raisonnement scientifique, ni la facilité d’une opinion. L’invention, en écologie, s’observera à travers certaines modifications du paysage culturel qui auront mis fin à des oppositions binaires entre science et sens commun, lucidité et aveuglement, menace et entêtement, etc. La façon de poser les problèmes et de rechercher des solutions auront été modifiées par des initiatives et des créations dont on voit déjà poindre la réalité dans plusieurs secteurs de la société. Cela signifie que, pour exister, les inventions de l’écologie s’inscrivent nécessairement, dans l’histoire des êtres humains et non dans les récits de l’Apocalypse, les traités de morale et les injonctions politiques. Judith Schlanger Les concepts scientifiques. Editions Gallimard.

2. Les schémas de l’invention.

Très souvent on associe à l’invention une démarche psychologique qui passe par quatre phases : la préparation ; l’incubation ; l’illumination ; la vérification. Cette démarche a souvent été corroborée par des témoignages scientifiques célèbres. Mais si l’on estime, dans le cadre de l’écologie, qu’une invention, pour exister, doit être communiquée, accueillie, intégrée par le corps social, qu’elle fait partie de sa culture et de son histoire, alors il faut proposer une autre démarche susceptible de qualifier l’invention. Ainsi peut-on proposer quatre phases qui décrivent la façon dont adviennent des idées nouvelles dans la pensée écologique : concevoir ; proposer ; intégrer ; instaurer. Comme on peut le constater dans cette seconde démarche, ce que l’on appelle une invention dépend de son assimilation par un collectif social et non de sa détention par quelques esprits éclairés. A partir de ces quelques considérations il devient possible pour la pensée écologique de penser l’invention de manière nouvelle.

Pour conclure :
Pour que les inventions écologiques diffusent dans toutes la société, Didier Naud nous proposent d’appliquer ces quatre phases pour faire advenir des idées nouvelles : concevoir/proposer/intégrer/ instaurer.

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