A chacun son environnement!

Dans ce court mais dense texte, Didier Naud nous amène à réfléchir sur la notion d’environnement propre et nous initie aux travaux de l’éthologue Von Uexkül.

La notion “d’environnement propre”.

1. Le rapport à la nature.

L’idée « d’environnement propre » ne doit pas prêter à confusion elle désigne essentiellement la nécessité pour tout individu de construire son environnement pour vivre et se développer dans un milieu naturel ou social. Cela signifie que le monde environnant n’est pas une réalité extérieure avec laquelle l’individu compose mais le résultat d’une construction qui lui appartient et lui permet de se projeter, de donner un sens à son action.

Le concept « d’environnement propre » provient des travaux de Von Uexkül, pionnier de l’éthologie, qui, le premier, affirma que chaque espèce vivante possède un univers propre.(Umwelt) correspondant au sens de ses actions. Pour ce scientifique, mais aussi pour certaines approches contemporaines de l’écologie, il n’existe pas de nature universelle dont il faudrait comprendre les lois. En revanche ce qui existe pour les êtres vivants ce sont des mondes de perception et d’action. Ainsi chaque espèce a un environnement propre qui correspond à ses activités vitales.

2. L’hypothèse des Neurosciences Cognitives.

Certains courants des neurosciences se sont emparés de ce concept pour montrer que le cerveau humain élabore un modèle interne du monde extérieur qui lui permet de se projeter dans la réalité et d’ajuster ses décisions et ses actions. Autrement dit le cerveau est d’abord une machine biologique intentionnelle qui compare ce qu’elle a conçu à travers l’expérience vécue avec les signaux qu’elle reçoit et traite

Le principe de l’« environnement propre » (l’Umvelt) permet selon les neurosciences de sélectionner les informations, de ne pas se perdre dans la complexité et l’incertitude de la réalité ambiante, d’émettre des hypothèses, de concevoir des points de vue, de prendre des décisions.

  1. Ce qui existe pour des sujets humains connaissant et agissant ce sont des mondes de perception et d’action ; des environnements propres à chaque sujet ou communauté. Il faut reconnaitre les limites de chaque situation d’acteur vivant et comprendre les interactions qui existent entre le cerveau d’un sujet projectif et actif et l’univers physique environnant.
  2. Il existe des environnements propres, observables à travers les interactions entre les sujets et leurs objets d’intérêt et buts d’action. L’être humain crée des mondes en fonction de ses besoins.

Pour conclure :
Pour vivre dans la complexité du monde, nous nous créons des environnements propres. Ils sont donc le fruit des projections de notre cerveau en fonction de nos préoccupations et nos besoins. Ils sont donc multiples et propres à chaque individu ou chaque communauté. Avec les conséquences que cela induit.

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